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La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie
Prix : EUR 28,00

Il s'agit d'une réédition du livre " Manufacturing Consent, The Political Economy of the Mass Media" sorti en 1988, puis en 2002 (enrichi). Ses 2 auteurs pensent que la propagande n'est pas l'apanage des états totalitaires mais que les démocraties en usent abondamment.

- Dans la 1ère partie du livre, ils décrivent un "Modèle de propagande" qui serait en place aux USA (tous les détails sont sur l'internet). Ce modèle de propagande laisse entrevoir "que la fonction sociétale des médias est en réalité d'inculquer et de protéger les objectifs économiques, sociaux et politiques de groupes privilégiés qui dominent la société locale et l'État". On est loin de l'idyllique et classique vision des médias occidentaux! Vous vous êtes aussi pâmés d'admiration devant l'intégrité du journalisme américain en regardant "Les hommes du président" (avec R.Redford et D.Hoffman)? Désolé, l'affaire du Watergate ne peut servir d'étendard... (Ça n'enlève rien au mérite de Carl Bernstein et Bob Woodward).
- Dans les parties suivantes du livre, les auteurs passent ce Modèle à l'épreuve de certains évènements impliquant des intérêts américains à travers le monde (Amérique du Sud, Indochine, etc.). Ils scrutent méticuleusement les médias et relèvent des différences de traitement de l'information très significatives selon que les faits servent ou non ces intérêts.

Comment la propagande est-elle possible en démocratie?! Après les explications et démonstrations de Chomsky et Herman, vous admettrez probablement que la propagande n'est pas seulement possible mais effective.
Si beaucoup de journalistes disent sincèrement pouvoir travailler en toute liberté, c'est généralement parce qu'ils ne dérangent personne (ou qu'ils arrangent certains groupes puissants et influents), c'est qu'ils ont assimilés ce qu'on attend d'eux.

Diverses raisons pour lesquelles j'ai aimé et je recommande ce livre:
- Il se lit avec la même frénésie qu'un roman (je regrette que les faits décrits ne soient pas fictifs).
- Un livre sérieux, clair, très argumenté et étayé de références.
- Je ne pouvais m'intéresser à la politique à l'époque où la première version de ce livre sortit. Il est très enrichissant de découvrir ce qui peut expliquer en partie la défiance actuelle de certains pays vis-à-vis des USA et de leur "interventionnisme" (euphémisme). D'autres, plus "âgés" que moi, découvriront ce qui fut leur actualité, mais sous un nouveau jour.
- Le modèle de propagande (américain) mis en évidence semble s'appliquer "avec bonheur" à nos contrées européennes (avec quelques nuances). On voit aujourd'hui à quel point la maîtrise des médias est un enjeu majeur de pouvoir. Les médias ne peuvent être un Contre-pouvoir s'ils sont aux mains du Pouvoir...certains l'ont compris.

Le vrai Canard
Prix : EUR 22,00

De 1970 à 2008 avec quelques incursions dans un passé plus lointain, les auteurs ont recensé toutes les affaires auxquelles le Canard Enchaîné a été mêlé en tâchant de poser un regard critique sur le journal et ceux qui y travaillent. Très structuré l'ouvrage est divisé en 38 chapitres accompagnés d'extraits précisément référencés :

1. "Sarkozy dans la mare" : liens ambigus du Canard avec l'actuel Président.
2. "La cour au Canard" : importance mondaine du pot annuel du Canard.
3. "Le président au concert de M.Guédé" : lien entre Sarkozy et un journaliste assez particulier du Canard.
4. "Cette fameuse page 2" : les bruits de couloir des politiques.
5. "Un conte japonais" : acharnement vain du journal à démontrer l'existence d'un compte au Japon de l'ancien Président.

6. "La nouvelle stratégie" : le renouvellement de l'équipe dans les années 70.
7. "Un permanent exemplaire" : l'arrivée de Claude Angeli, ses sympathies communistes.
8. "C'est la fête à Chaban" : 3 septembre 1971, publication de la feuille d'impôts du Premier Ministre.
9. "L'archange aux mains pleines" : 11 septembre 1972, l'affaire Aranda.
10. "On est Watergâtés" : 3 décembre 1973, l'affaire des micros du Canard.
11. "Le siphon du problème" : s'estimant censuré, un journaliste du Canard agresse le directeur.
12. "En suivant Mitterrand" : proximité du journaliste Nicolas Brimo avec l'ancien Président.
13. "Giscarat" : 10 octobre 1979, l'affaire des diamants de Bokassa.
14. "Robert Boulin, suicidé dans une mare" : 30 octobre 1979, le Ministre du Travail est retrouvé noyé.
15. "Les francs-maçons se rebiffent" : quelques pages sur les liens avec la franc maçonnerie.
16. "Le canardeur" : les faits d'armes de Roland Dumas en tant qu'avocat du Canard.

17. "Le Canard à Tonton" : un journal amoureux d'un Président ça arrive.
18. "Dans les petits papiers du pouvoir" : les Irlandais de Vincennes, les avions renifleurs.
19. "Greenpeace : le Canard berné" : 10 juillet 1985, l'affaire du Rainbow Warrior.
20. "Un problème de feux rouges" : 28 mai 1986, le Carrefour du développement.
21. "De Papon à Bousquet, l'oubli" : des collabos étrangement ménagés.
22. "Une attestation de Mitterrand" : liens anciens entre le Président et Robert Gaillard, père de l'actuel directeur du Canard.
23. "Nous, on veut bien !" : quand les anciens journalistes du Canard écrivaient pour des journaux collaborationnistes.
24. "Bérégovoy : le Canard est-il un chien ?" : le suicide du Premier Ministre, l'affaire des écoutes de l'Elysée.

25. "Chirac tête de Turc" : l'hostilité avouée au nouveau Président.
26. "L'intruse" : une étudiante en sociologie prépare un mémoire sur le Canard.
27. "Les ciseaux de Michel Gaillard" : le directeur du journal tente d'empêcher la soutenance du mémoire.
28. "Une citadelle sans femmes" : la parité n'est pas de mise au Canard, c'est le moins qu'on puisse dire !
29. "La cassette" : un journal qui vaut 90 millions d'euros. Oui vous avez bien lu.
30. "Petits arrangements entre amis" : structure complexe de l'entreprise Canard Enchaîné.
31. "Meurtre de Yann Piat : un polar de Jérôme Canard" : 25 février 1994, une députée est assassinée, le Canard va bien patauger.
32. "Ils ont fait le minimum" : novembre 1997, les frégates de Taïwan ; cette fois, Roland Dumas est l'accusé.
33. "Roland Bacri a de la visite" : un journaliste abandonné.
34. "Les télégrammes de Gorge Profonde" : le début de la guerre d'Irak.
35. "Embuscade en Afghanistan : le vrai-faux rapport" : quand le Canard plagie.
36. "La brosse à reluire ... les plumes" : les copinages de la rubrique culturelle.
37. "Ceux qui font le journal satirique" : le statut des dessinateurs.
38. "Le Canard a-t-il failli ?" : les différences entre le mythe et la réalité.

Par leurs anecdotes et les entretiens menés, les auteurs dressent le portrait d'une entreprise ni démocratique ni moderne, certes, mais gérée de façon responsable et où tout le monde trouve finalement son compte. En ce qui concerne son contenu proprement dit, Le Canard Enchaîné apparaît faillible, partial, et cela ne le rend pas antipathique pour autant. C'est un journal, voilà tout.

J'ai personnellement trouvé ce livre très instructif, malgré certains passages un peu durs à suivre notamment en raison du grand nombre de noms peu familiers. Un encart avec des photos aurait été utile. A part cela, deux regrets : l'absence de chapitre concernant le documentaire Le Cauchemar de Darwin, ou plus généralement les liens du Canard Enchaîné avec l'altermondialisme, et aussi sa discrétion lors de l'affaire des caricatures de Mahomet.

Mythologies
Prix : EUR 5,95

L'Antiquité avait son Oedipe, le Grand Siècle son roi Soleil, et voilà que Barthes donne à la France de l'après-guerre ses nouveaux emblèmes : la DS Citroën, le Tour de France, le steak frites... Tous objets d'un culte bourgeois, ils deviennent de véritables mythes pour une société qui finit par se penser à travers eux. Mais si Barthes se penche avec la rigueur de l'ethnologue sur ces nouveaux mythes, c'est pour mieux en dénoncer les mécanismes : l'idéologie dominante ne s'inventerait ainsi des valeurs que pour légitimer des "normes bourgeoises" qui en manquent singulièrement... Écrites quotidiennement de 1954 à 1956, ces mythologies déploient une écriture fine, cultivée et juste, à lire comme autant de petites chroniques savoureuses. Toutefois, on les retiendra avant tout pour l'actualité de leurs propos : sur le même modèle, on trouverait sans peine de nouvelles mythologies, qui ne seraient sans doute pas très éloignées de celles que Barthes, en son temps, mettait en évidence. --Karla Manuele

Storytelling : La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits
Prix : EUR 9,00

Quel est le lien entre un homme politique, un responsable marketing, un homme d'affaires, un soldat en Irak, un journaliste, un meneur d'hommes: Christian Salmon nous dis que les histoires sont leur point commun !

Les histoires, plus précisément les récits.
Tous nous racontent des récits, de petites histoires pour motiver une équipe, pour embellir et faire rêver un consommateur, pour faire participer un électorat, etc.

Christian Salmon nous dépeint à travers de multiples exemples précis le back-office d'élections présidentielles aux US ou en France par exemple, la préparation de discours d'entreprise pour faire accepter un plan de licenciements, bref donner du sens à des chiffres, à des arguments qui pourraient paraître trop lisses ou pas assez vendeurs.

Les histoires permettent selon l'auteur d'enjoliver, de "cosmétologier" la vie en entreprise, la vie à travers les médias, la vie politique.

Pour ou contre cet avis, il n'en reste pas moins que ce livre permet de prendre du recul au vue de ces éléments.
A travers le concept de « storytelling organisations » - lieu de travail, écoles, service public, groupe religieux- ce livre nous permet de comprendre que nous sommes au centre d'un récit global qu'on le veuille ou non et que le storytelling est à la fois un outil de communication, de motivation, un outil marketing, un instrument de gestion du personnel, un régulateur de relations sociales, etc.

Je ne trouve pas que l'auteur nous donne son avis sur le fait que le storytelling soit bon ou mauvais, mais au moins il met des mots sur un concept de communication qui semble global et transversal à de multiples domaines d'activités.

Sur la télévision
Prix : EUR 6,00

"La télévision fait courir un danger très grand aux différentes sphères de la production culturelle, art, littérature (...), un danger non moins grand à la vie politique et à la démocratie". Le ton est donné, celui d'un propos argumentatif, si l'on en croit Pierre Bourdieu, propos qu'il choisit de soutenir à la télévision tout en s'inscrivant en faux des règles classiques de mise en scène, pour lutter contre la manipulation, pour la liberté de pensée. Une liberté de pensée à laquelle les journalistes renoncent, ficelés qu'ils sont par une concurrence furieuse. Celle du marché d'abord : qui dit concurrence entre chaînes de télévision, dit audimat, recherche de scoop, fast thinking pour le journaliste pressé, fast food culturel pour le consommateur. La concurrence ne s'arrête pas là : il y a celle active au sein du champ journalistique : avoir son émission de télévision, c'est le minimum pour exister, dans la presse écrite comme ailleurs. Il est bien loin le spectre du quatrième pouvoir, l'heure est à l'organisation savante des plateaux, à l'emprise de quelques journalistes sur la presse... On l'aura compris, le sociologue réagit vivement au monopole d'un média dans la fabrication et la diffusion de l'information, égratignant au passage quelques personnalités médiatiques. Nostalgie d'une télévision culturelle style TV Sorbonne ou plaidoyer convaincant pour une autre télévision ? À vous de juger : c'est court, c'est vif, assez pour aiguiser la plume de Daniel Schneidermann qui répond à Pierre Bourdieu dans Du journalisme après Bourdieu. --Anne Barrat

On achète bien les cerveaux : La publicité et les médias
Prix : EUR 6,00

Merci à l'auteur de nous avoir offert quelques instants de fraîcheur dans l'intox médiatique orchestrée et manipulée par les publicitaires.

L'analyse est pertinente : " La publicité n'a plus rien d'une douce musique d'ambiance mais s'impose à nous sous son vrai visage : une idéologie au service de la préservation d'un ordre économique et social".

Générer de l'émotion afin que le message publicitaire associé soit mieux retenu participe de cette manipulation des esprits. L'évocation des travaux de recherches avec les neuroscientifiques qui ont identifié le cortex préfrontal médian comme siège de l'image que l'on se fait de soi, permet aux publicitaires d'investir le terrain de l'aliénation en essayant et parvenant à "transformer tout amour de soi en tant que soi - le narcissisme - en amour de soi en tant qu'autre - une cible publicitaire !"

Le safari qui nous est proposé ne laisse personne intact; où l'on découvre que Publicis malgré sa charte déontologique s'interdisant de faire de la réclame pour un gouvernement, s'est illustré dans une campagne de recrutement du Mossad et de militaires US pour s'engager en Irak.

Les anecdotes fourmillent et rendent vivante la passionnante lecture de cet ouvrage nécessaire pour lutter contre l'intox.

Je recommande à l'auteur la lecture de "Le viol des foules par la propagande politique" de Serge TCHAKHOTINE - publié chez Gallimard- pour approfondir la compréhension des outils de manipulation utilisés pour embrigader les "masses".

Sociologie du dragueur : Le livre sur l'amour et la femme
Prix : EUR 9,00

Lire Soral n'est pas politiquement correct, il sent le soufre, son langage est à la fois cru et intellectuel, ce qui donne une impression très particulière à la lecture de ce livre. Il est bien que ce genre de livre existe, celà prouve la liberté d'expression dans notre pays. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il raconte mais il faut lui reconnaitre une rigueur intellectuelle dans ses démonstrations. Il n'a pas peur non plus de nombreuses attaques "ad hominem", ce qui fait de son livre un pamphlet (anti-féministes, anti-gays, anti-fausses valeurs philosophiques selon lui..)et pas seulement un traité de sociologie.
Donc son livre est en fait en plusieures parties:
- d'abord une description assez truculente du "dragueur" qu'il situe dans un espace-temps bien particulier: France des années 60 à 80, "l'époque dorée" qu'il décrit étant plus ou moins révolue. Son explication freudienne du dragueur lié à une mère absente (mauvaise mère) vaut ce qu'elle vaut, c'est peut-être juste pour certains.
- la deuxième partie n'a plus rien à voir: il s'agit d'une réflexion plus vaste sur la société actuelle. On reconnait là typiquement les idées de la nouvelle extrême-droite française, Alain de Benoist et la revue Elements: il s'agit de montrer que la société actuelle est pervertie par le féminisme, que les valeurs paternelles sont en décrépitude totale. Celà repose sur le postulat d'une différence fondamentale entre les sexes, la femme étant inférieure sur le plan de la pensée, du travail, de l'action politique, de la culture.. Soral veut bien lui reconnaitre une valeur supérieure pour .. la danse! Là Soral est particulièrement puant, mais çà ne le dérange pas car c'est l'odeur du mâle..
Finalement ce livre est à lire pour déclencher des débats.

Le Canard enchaîné : Histoire d'un journal satirique 1915-2005
Prix : EUR 14,00

Les nouveaux chiens de garde
Prix : EUR 6,00

Quel point commun y a-t-il, selon Serge Halimi, entre Michel Field, Claire Chazal, Alain Duhamel, Jean-Marie Cavada et PPDA ? La même révérence devant leur patron, les grands groupes tels Bouygues, Havas ou Matra-Hachette, la même révérence devant l'argent et le pouvoir politico-industriel, les mêmes pratiques. Maintenir à distance certains sujets pour mieux en matraquer d'autres, désinformer, moins par volonté de manipuler que par paresse et par reddition devant l'idéologie néolibérale dominante, c'est le credo des nouveaux chiens de garde. La collusion entre les intérêts des propriétaires de la presse française et le trust des trente journalistes qui en tiennent les rênes à coup de présence incessante, d'info-marchandise, de renvois d'ascenseurs et flagorneries de courtisans, sape l'indépendance des journalistes, fragilisés par la crainte du chômage. "Des médias de plus en plus présents, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre", une sentence qui résume bien l'esprit de l'auteur qui, avec les résistants contre la pensée unique, hier Paul Nizan, aujourd'hui Chomsky, signe un plaidoyer lapidaire pour la dissidence intellectuelle. --Anne Barrat

L'Empire des signes
Prix : EUR 9,00

Une excellente analyse de la société japonaise par la sémiologie. A lire de retour d'un voyage au Japon pour comprendre une partie des paradoxes de cette société.

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