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Le Prince
Prix : EUR 4,00

Dédié à Laurent de Médicis, Le Prince est une oeuvre nourrie par l'expérience d'ambassadeur de son auteur. Machiavel y définit les fins du gouvernement : sur le plan extérieur, maintenir à tout prix son emprise sur les territoires conquis ; sur le plan intérieur, se donner les moyens de rester au pouvoir. Parce que les hommes sont égoïstes, le prince n'est pas tenu d'être moral. Il doit être craint en évitant de se faire haïr par le peuple. La réduction de Machiavel au machiavélisme est cependant trop simpliste. On peut même lire Le Prince comme une des premières oeuvres de science politique, l'auteur ne cherchant qu'à décrire les mécanismes du pouvoir, à la manière du physicien qui détermine les lois de la gravitation. Rousseau ou encore Spinoza ont même pensé que Le Prince s'adressait en vérité au peuple pour l'avertir des stratégies utilisées par les tyrans. Oeuvre géniale dans son ambiguïté, Le Prince peut donc être lu soit comme un traité de gouvernement à l'usage du despote, soit comme un ouvrage de science, voire comme une critique déguisée du despotisme. --Paul Klein

Discours de la servitude volontaire
Prix : EUR 2,50

Vous avez une heure devant vous? Passez-la sur ce livre, elle ne sera pas perdue.

On peine à croire qu'un homme ait pu penser ça au milieu du 16ème siècle. Parce qu'il a occupé des postes qui lui ont permis d'observer le fonctionnement de la société depuis le commandement jusqu'aux commandés, le jeune La Boétie pose cette question simple: Pourquoi obéissons-nous au tyran?
Nous sommes si nombreux, tandis qu'il est vil et si ...seul. Il semble qu'il suffirait de ne plus lui obéir pour le déposséder de tout pouvoir !
"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux", disait La Boétie.

La principale raison est tout simplement l'HABITUDE. Comme La Boétie le dit dans son analyse: "On ne regrette jamais ce qu'on n'a jamais eu." A cette époque et depuis des centenaires, l'état de servitude et la privation de liberté pouvaient paraître comme l'état naturel des hommes (celui de tous les hommes, à l'exception du tyran, bien sûr).
Il identifie aussi d'autres artifices (superstitions, magie, prestige, etc.) jouant un rôle pour cantonner le peuple dans la servitude, mais aux effets moindres sur une partie de la société (la moins crédule).

La Boétie faisait partie de ces rares personnes qui ne "s'apprivoisent jamais à la sujétion" (je suppose que sa culture n'y était pas pour rien). Petite consolation: il avait constaté que ceux qui "souffraient" le plus, étaient les quelques subordonnés directs du tyran, les "petits tyrans", c'est-à-dire ces "maillons" entre le tyran et le peuple. Ils étaient détestés du peuple d'une part et toujours à la merci du tyran capricieux et tout-puissant.

Le manuscrit de La Boétie fut publié en 1576, soit 13 ans après son décès. Sage précaution que de mourir avant...
Comment faire publier cet ouvrage sous une monarchie, sans en subir quelques "désagréments"?
Anne du Bourg, l'ancien professeur de droit de La Boétie lui-même a fini pendu et brûlé pour avoir pris position pour les huguenots (les protestants de France).

C'est une étude à la fois politique et psychologique. Un texte très court, limpide et d'une valeur intemporelle. Tant qu'il y aura des humains, et probablement quelque soit le régime politique, des rapports de domination-servitude pourront s'installer. Vigilance, donc!

Du contrat social
Prix : EUR 3,80

Qu'est-ce que le citoyen attend ou devrait attendre de l'État en échange de l'obéissance à ses lois ? Le propos de Jean-Jacques Rousseau dans son Contrat social, publié en 1762, est de déduire la forme constitutionnelle de l'État légitime, la République. L'ouvrage expose à la fois les grands principes de cette République et les raisons qui en font une réalité historique condamnée à disparaître. À l'heure où il écrit, Rousseau, tourné vers le modèle des cités antiques, est convaincu que la liberté politique appartient à une époque révolue depuis longtemps. Les récentes innovations parlementaires anglaises ne font que confirmer à ses yeux le nécessaire déclin républicain : dans les sociétés libérales modernes, les intérêts de l'individu privé l'emportent en effet sur la vertu citoyenne. Texte politique d'une grande rigueur, l'ouvrage Du Contrat social doit davantage se lire comme la critique anticipée des démocraties contemporaines que comme un manifeste militant pour une quelconque cause révolutionnaire. --Emilio Balturi

Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
Prix : EUR 3,00

Qu'y a-t-il de naturel en l'homme ? Jean-Jacques Rousseau, dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, publié en 1755, imagine l'humanité dans sa condition primitive, à une époque où elle ne vivait encore que d'après sa constitution première. Le tableau qu'il dresse de cet état de nature originel fait ressortir l'existence de différences physiques mais d'aucune distribution inégale de droits entre les hommes. C'est l'institution sociale et l'invention du droit qui fera naître les inégalités. Rousseau nous raconte l'enchaînement des circonstances qui dut conduire le genre humain à s'éloigner de son heureuse condition originelle et à devoir recourir à l'autorité d'un État pour sauvegarder la vie et la liberté de chacun. Au cours de l'histoire, l'homme se socialise, apprend à parler, à aimer ; il s'humanise en s'éloignant de sa première condition, simple, heureuse mais quasi animale. Une manière pour Rousseau de formuler la contradiction de la condition humaine : historique, insatisfaite, mais aussi hantée par le rêve de la nature et du bonheur. Un texte d'une grande éloquence qui ne peut que toucher son lecteur. --Emilio Balturi

La République
Prix : EUR 7,30

Référence obligée en philosophie politique, La République constitue à la fois une forme d'utopie, décrivant une cité idéale gouvernée par les sages, et une critique sans appel de la démocratie grecque. Le lecteur contemporain ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre la représentation platonicienne du gouvernement des hommes, réservé aux plus savants, et la conception républicaine du recrutement des élites, exerçant des fonctions publiques dans le cadre de structures technocratiques. Bien que les plus compétents ne soient pas aujourd'hui nécessairement les plus sages, la captation du pouvoir par les meilleurs procède encore d'un même principe aristocratique. Parce qu'il pose des questions que nous n'avons pas résolues, ce texte continue de nous intéresser. En effet, entre la tentation démagogique et l'écueil technocratique, les démocraties modernes ne sont toujours pas parvenues à trouver un juste équilibre. Un classique des études de philosophie, à lire par devoir ou pour se laisser aller aux délices de l'analogie. --Paul Klein

La société du spectacle
Prix : EUR 5,50

Debord est un écrivain énervé, radical et peu conciliant. C'est la force et la faiblesse de son projet. Cette rage pose son texte là ou personne ne va généralement, mais en même temps rend l'ensemble de ses propositions extrèmement fragile.
Les concepts ne sont ici pas définis. Qu'entend-il réellement par spectacle, comment se forment les jeux des acteurs sociaux, en quoi sont-ils différents des périodes différentes ? Tout cela est flou, imprécis, c'est ce qui permet à chacun de bâtir sa propre logique sur le terreau de l'auteur. C'est la force de l'ouvrage, chacun peut s'emparer de quelques formules (dont le titre) pour développer son discours.
On sent à la lecture de l'ouvrage les énervements très contextualisés de l'auteur, on sent qu'il rentre de réunion et paf un chapitre dans ta face, il lit un ouvrage qui lui déplait et pof un ou deux autres chapitres dans ton nez. Cela créée des ruptures de ton. Des auteurs de qualibre différent sont convoqués au petit tribunal de Debord pour y être exécutés.
Les références à l'espace et le temps sont imprécises, discutables, le concept global relève soit de la tautologie (tout est forcement spectacle dans une société (ref "la mise en scene de la vie quotidienne"), tout est forcément marchand dans une société marchande) soit d'un manque de références : la société du XVIIeme, du XIXeme (sont-elles moins spectaculaire ? La fragmentation et l'isolement y est-il moins fort ?) etc...où se trouve la critique de l'esthétisation de la politique de Goebbels...etc...
La critique de Debord ne résiste pas à l'évolution de la société, ses prédictions en terme de modialisation, de communication, de développements vont à l'encontre de se qui se passe actuellement. La bipolarité de classe fait problème.
Je le recommande comme contre exemple d'une argumentation construite, comme manifestation d'une pensée datée, d'un esprit (il le dit en introduction) qui ne se remet pas en question.
L'erreur bien entendu de l'auteur est de parler de spectacle, le terme propagande (ref chomsky) aurait été plus juste. Là encore, l'auteur se piège par ses propres mots plutôt que de fouiller les concepts.
Le plus ironique est que son ouvrage ne traverse les époques que parce qu'il s'est très bien intégré à la société qu'il dénonce !!

Surveiller et punir
Prix : EUR 12,50

Depuis le Siècle des lumières, les progrès de la raison et de la science auraient contribué à l'émancipation de l'humanité. Michel Foucault récuse ce lieu commun : il conçoit la modernité comme l'âge des sociétés disciplinaires, l'âge des prisons où, à l'instar de l'école et de l'armée, on enferme pour redresser. Les sciences de l'Homme (sociologie, psychologie, psychiatrie) elles-mêmes constituent l'instrument privilégié de ce nouveau pouvoir disciplinaire. L'homme devient objet de science pour être mieux assujetti. Derrière le désir désintéressé de savoir, Foucault décèle une volonté de pouvoir. Si le projet d'un Descartes à l'âge classique était de "nous rendre comme maître et possesseur de la nature" grâce aux progrès de la physique, l'ambition implicite des sciences humaines serait de nous rendre maître de l'homme. L'analyse des techniques modernes d'assujettissement - notamment en prison, institution type où se révèle cette articulation savoir/pouvoir - est ici étayée par de nombreux documents d'archives qui confèrent à cet ouvrage un intérêt historique aussi bien que philosophique. --Paul Klein

Platon, oeuvres complètes
Prix : EUR 59,00

La Crise de la culture
Prix : EUR 7,60

Composé de huit essais conçus comme des "exercices de pensée politique", cet ouvrage de la philosophe d'origine allemande Hannah Arendt tire son unité d'un seul et difficile projet : enquêter sur l'origine des grands concepts de la philosophie politique. Le troisième essai, consacré à la notion d'autorité, constitue une analyse particulièrement éclairante de la modernité, définie comme oubli des origines. En effet, l'autorité traditionnelle se définissait par opposition à la fois à la contrainte par force et à la persuasion par arguments. Elle n'était pas l'autoritarisme car "là où la force est employée, l'autorité proprement dite a échoué". Elle n'avait pas non plus besoin de se justifier. Dès lors, si nous confondons aujourd'hui autorité et violence, et croyons que l'autorité peut être discutée, c'est que nous avons oublié ce qu'elle est. Remontant jusqu'à la source de ce concept et de tant d'autres (liberté, histoire...), Arendt tente de nous délivrer d'une amnésie préjudiciable à la compréhension de notre propre monde. Un périple généalogique qui suppose tout de même quelques bagages assez solides ! --Paul Klein

Apologie de Socrate
Prix : EUR 1,50

On accuse Socrate de corrompre, par son art du dialogue, la jeunesse athénienne. On lui reproche de détourner les jeunes gens des opinions communes et de mettre ainsi en question les pouvoirs traditionnels. Platon raconte dans son Apologie le procès au terme duquel son maître fut condamné à mort. Il rapporte la manière dont celui-ci, refusant de recourir au service d'un professionnel de la persuasion, prit en main lui-même sa défense. En choisissant de faire de sa plaidoirie un plaidoyer pour la philosophie, Socrate savait qu'il se condamnait. Refusant de renier la pratique qui donna sens à toute son existence, il préféra mourir en accord avec lui-même. Cette attitude courageuse marqua les esprits. Elle reste aujourd'hui encore la figure fondatrice qui rappelle au philosophe le sens de sa vocation. S'"il faut se rappeler Socrate", comme l'écrit Merleau-Ponty, c'est pour se souvenir que le choix de penser n'est pas celui, intellectuel, d'acquérir des savoirs, mais celui, éthique, de cheminer librement et d'aller jusqu'au bout d'une quête de sens. --Émilio Balturi

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