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 | Le Locataire
Prix : EUR 3,70
|  | 45° à l'ombre
Prix : EUR 5,50
|  | Le Blanc à lunettes
Prix : EUR 5,50
|  | L'Homme qui regardait passer les trains
Prix : EUR 5,50
|  | Le Bourgmestre de Furnes
Prix : EUR 5,50
|  | Les Inconnus dans la maison
Prix : EUR 5,50
|  | La Vérité sur Bébé Donge
Prix : EUR 5,50
|  | Touriste de bananes
Prix : EUR 5,50
Oscar Donadieu a pris le bateau à Marseille, destination Tahiti, pour satisfaire un rêve d'enfant, celui qu'il avait fait un jour de mai dans le jardin du presbytère, à La Rochelle, allongé à plat ventre tout près d'une bordure d'oeillets. Un idéal de vie naturelle avait alors germé en lui, une vie faite de soleil, d'air pur, de grand calme et de béatitude. Lorsqu'il s'embarque à bord de l' « Ile-de-Ré », Donadieu espère retrouver l'idéale sensation de solitude et d'harmonie avec la nature qui le berça enfant. Tout le long du trajet, il tâche de se rapprocher du télégraphiste Jaubert, l'une des rares personnes, sinon la seule, qu'il apprécie. Ce même Jaubert lui apprend par ailleurs que le commandant Lagre, qui fait partie du voyage, et que Donadieu ne connaît que trop bien puisqu'il est le parrain du petit Lagre, « a tué d'une balle dans la tête son troisième officier, Henri Clerc » et qu'il doit être jugé à Papeete. Dès l'arrivée du bateau à Tahiti, Donadieu révèle un comportement de misanthropie et se défie d'être un simple touriste, puisqu'aux questions des locaux lui demandant s'il fait du tourisme, il répond qu'il compte s'installer dans le pays. Très vite il acquiert auprès des habitués du « Relais des Méridiens », l'hôtel français où il réside, une réputation de « touriste de bananes », terme péjoratif désignant ceux qui, comme lui, ont rêvé d'une vie naturelle et renoncé aux commodités de la civilisation, toujours à leurs dépens. C'est ainsi que, refusant les sarcasmes du patron de l'hôtel, le nommé Manière, l'incompréhension de Nicou le gendarme ou l'indifférence des deux vamps tahitiennes Tamatéa et Hina, Oscar Donadieu décide un beau matin de quitter le monde civilisé, « vide » et sans goût, pour aller habiter une hutte dans la forêt et vivre de pêche et de cueillettes à l'instar d'un indigène, loin de tout commerce avec le monde...
|  | Les Demoiselles de Concarneau
Prix : EUR 3,70
Un livre acheté en vacances, à Concarneau pour être précis... Je connaissais l'auteur de nom, pour ses célèbres aventures du commissaire Maigret, mais c'est tout, sans plus. L'ouvrage est dans une collection polar, mais c'est en fait l'inverse : nous sommes dans la tête du "meutrier malgré lui", et nous ne suivons pas l'enquête mais les astuces inventées par le personnage pour cacher ses méfaits, et bien sûr ses remords et sa volonté de "réparer".
Le scénario est là, mais le décor vaut lui aussi le détour, avec une description très fidèle des moeurs et de la vie quotidienne de l'époque dans un important port de pêche français.
Le style est simple, efficace, et nous fait avancer à un rythme infernal dans ce petit roman qu'il est difficile de lâcher.
Une belle surprise !
|  | Simenon
Prix : EUR 10,60
En signant les aventures du commissaire Maigret, Simenon a sans doute donné à la littérature francophone quelques uns de ses meilleurs romans policiers, mais je fais partie de ceux qui pensent que le plus grand mystère jamais concocté par ce "Belge considérable", comme l'appelait Manchette, eh bien, c'est lui-même. Car la vie de Simenon est bel et bien une insoluble énigme dont le plus passionné et le plus intègre des biographes ne pourra jamais totalement percer le secret. D'abord il n'y a pas un Simenon, il y en a une multitude qui tous cohabitaient sous le même nom dans le même corps et se supportaient plus ou moins bien les uns les autres: le fils rejeté par sa mère, le jeune journaliste ambitieux, l'apatride volontaire, le romancier de génie, le "consommateur" insatiable de prostituées, le voyageur impénitent, le mondain aux goûts de luxe, l'homme d'affaires avisé, et malheureusement, sur le tard, le père tourmenté par le suicide de sa fille. Un fil rouge unit pourtant ces différents personnages. C'est l'appétit d'humain. Il y avait, me semble-t-il, chez Simenon, un désir de multiplier les expériences, de mener de front plusieurs vies, une soif d'ailleurs au sens propre comme au sens figuré. Changer sans cesse de pays, de femme, de roman, de maison, tout cela relevait non pas d'une instabilité pathologique mais simplement d'un besoin naturel et je crois qu'Assouline, dans ces pages, a su comprendre cet aspect de Simenon. Les autres aussi, d'ailleurs. En fait, son livre se lit comme une enquête compassionnelle où l'on suit pas à pas le grand Georges, depuis ses humbles débuts liégois jusqu'à sa modeste retraite helvétique en passant par la gloire parisienne. Pour être tout à fait honnête, j'aurais aimé trouver ici un peu moins de détails biographiques dont l'intérêt ne m'apparaît pas toujours capital et davantage d'anecdotes purement littéraires, car Simenon était d'abord et avant tout un romancier et c'est ce romancier qui m'intéresse, mais c'est une réserve mineure au regard des immenses qualités de cet ouvrage qui, entre éloge et critique, rend l'hommage qu'il mérite à l'un des écrivains les plus étonnants et les plus remarquables que le monde ait connus.
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