 | Waiting for the Sun : Une histoire de la musique à Los Angeles
Prix : EUR 23,00
Ce gros bouquin porte en sous-titre : "une histoire de la musique à Los Angeles", et en effet, ce n'est pas un livre sur les Doors (comme le titre pourrait le faire croire), mais un livre sur cette ville unique, tentaculaire, sans cesse guêtée par l'apocalypse et construite en plein désert : l'immense enquête de Barney Hoskins commence avec les cabarets de jazz des années 30-40, qui verront naitre le jazz West-Coast d'un Chet Baker, genre musical qui fut aussi qualifié de "cool" : et d'ailleurs, toute la musique produite à LA est irrémédiablement cool, de Stan Kenton à Beck, en passant par Steely Dan, les Fleetwood Mac de "Rumours" ou les fameux Beach Boys qui incarnent si bien le rêve californien. Mais ce fameux rêve californien est ici décrit sous son angle clinique : dollars, drogues, sexe et rock & roll ... ainsi, alors que San Francisco produit l'été de l'amour et les délires hippies collectivistes, LA enfante des freaks comme Beefheart ou Zappa, abrite des millionaires défoncés et des stars excentriques, et enferme ce joli monde dans les villas princères de Cielo Drive ... en 1969, le rêve californien en prend un sacré coup : tandis que Brian Wilson a démissionné depuis longtemps et qu'il a confié ses "teenage symphonies" à Dieu, Charles Manson et sa Family descendent en ville et se mêlent au gratin pop décadent. Au milieu des monstres assoiffés de sang ou de dollars, on croise aussi des solitaires comme Neil Young le Loner, des génies ivre-morts comme Tom Waits, des saints cyniques comme Randy Newman ... et quand les punks débarquent enfin à LA, leur grand nettoyage affecte à peine la fameuse coolitude ambiante, alors si bien dépeinte par Brett Easton Ellis : au début des années 80, écrit Hoskins "les seins des filles deviennent de plus en plus gros et les gens de plus en plus débiles" : d'où les furies hard en rose fuschia dans le genre David Lee Roth (un juif déguisé en aryen : autre grand fantasme West-Coast : être blond, être bronzé, être cool) ou Mötley Crüe : pas tendre, Hoskins n'épargne personne, pas même cette ville de Los Angeles qui le fascine et le dégôute tout à la fois. Ce livre est à la fois un long poème d'amour et un gros roman sordide : à lire absolument avant de gôuter au rêve californien !
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