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 | Prix : EUR 8,00
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En savoir plusAvis : Christopher Browning est un historien spécialisé de l'histoire de la déportation et de l'extermination des Juifs en Europe pendant la seconde guerre mondiale. Son ouvrage est remarquablement bien écrit sur le plan de la rigueur scientifique.
Le matériau est riche puisqu'il repose à la fois sur les interrogations et procès de nombreux membres du 101° bataillon de réserve de la police allemande, dans les années 1960, par la justice fédérale allemande, et par les confrontations avec certains de ces hommes et l'auteur.
Comment comprendre que quelques centaines de citoyens allemands, hambourgeois, trop âgés pour être enrôlés dans les troupes de ligne, et donc a priori plus matures, exerçant tous les métiers, ne comprenant que peu de nazis parmi eux aient pu, dans leur quasi-totalité à l'exception de 10 à 20% maximum d'entre eux, exécuter femmes, enfants, vieillards, hommes par milliers dans des conditions de bestialité décrites avec précision ?
Les faits :
1/ nombres de Juifs fusillés par le bataillon entre juillet 1942 et novembre 1943 = 38.000 (estimation minimale).
2/ nombre de Juifs déportés à Treblinka = 45.200 (idem).
Regroupements, évacuations de ghettos, meurtres de masse; tout y passe. Pourtant leur commandant Trapp leur avait laissé le choix, dès avant le premier massacre de Jozefow, en Pologne, de ne pas se commettre dans ces crimes. Certains (très peu) saisirent cette offre. Ils ne furent pas inquiétés - de même qu'aucun Allemand ne fut jamais poursuivi ni encore moins déporté pour avoir refusé pendant la seconde guerre mondiale, pour son refus de participer au meurtre de Juifs.
Le contexte de la guerre qui libère la violence, identifie les Juifs aux ennemis à exterminer, l'idéologie raciste, la bureaucratisation du Meurtre, l'explication de l'obéissance par les expériences de Milgram (très pertinent) participent de l'explication.
"Les concepts de loyauté, devoir, discipline deviennent des impératifs moraux qui annihilent toute identification avec la victime." Trait révélé par Anna Harendt, citée avec éloge dans le livre, dans son lumineux Eichmann à Jérusalem.
"Contrôler la manière dont les gens interprètent leur monde, dit Milgram, est l'un des outils de contrôle de leur comportement."
La deshumanisation des victimes traitées comme des marchandises sales qui plus est facilita également la tâche de ces tueurs.
Christopher Browning nous permet également de réaffirmer que "la responsabilité humaine est en définitive du domaine de l'individu".
Quel remarquable ouvrage ! Informations sur le livreAvec : Français Book Zone Tallandier Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne
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